L'acrobate, c'est celui qui ose.
C'est comme un défi dans sa tête,
il veut atteindre cette putain de lune qui ne brille que pour lui.
Il sait qu'il marche au bord du
précipice, que si son pied n'accroche pas bien la corde de funambule tendue par
lui, et qu'il n'est même pas sûr qu'elle est tout à fait sûre, il tombe. Mais
telle n'est pas son intention, il s'est donné les moyens de le réaliser ce
défi, sauf qu'il ne les a pas tous en main les moyens, et que c'est ça le
risque, tomber.
L'acrobate continue, parce qu'il
n'a pas le choix, parce que la vie c'est tout de suite, c'est pas un cadeau
pour demain, ce n’est pas le pot-pourri d'hier non plus. C'est juste maintenant
ce pas l'un après l'autre, tout seul, fragile et fort en même temps.
Même si sa lune, elle n’est pas
bien grosse, pas bien lumineuse, elle est là parce qu'il la désire.
Tu sais, cette lune pour un
hémiplégique c'est peut-être juste d'avoir la liberté d'un prisonnier, parce
qu'un prisonnier peut se lever de son lit et pisser tout seul. Cette lune
pour un prisonnier c'est peut-être juste d'aller pisser dans le coin d'un jardin
sans barreau. La lune pour l'utopiste c'est un monde où on pourrait
pisser dans n'importe quel jardin, parce qu'il y en aurait plus qu'un seul, un
très beau avec des gens partout qui se souriraient et que même plus personne ne
mangerait personne.
On est tantôt l'un tantôt l'autre.
Plus souvent indolent qu'acrobate,
mais c'est difficile l'acrobatie, il faut de la souplesse dans le corps et dans
l'esprit, ça s'apprend ce funambulisme sur
la seule corde qu'on ait : la vie. Quand on se replie, quand on ne
désire plus, quand on ne sait plus bien ce qu'on fait par-là, on s'aveulit, on
tremble, on s'encoconne, ça floconne dans la cervelle. Tout est inutile,
difficile, impossible.
Puis un jour, peut-être, on a un choc plus révélateur, comme la maladie, ou la perte d'un être qu'on aime, ou encore une rencontre, et l'émotion s'éveille. On voit la lune, elle brille là-bas. On ne sait pas comment aller la chercher encore, mais on tresse déjà la corde dans sa tête.
Puis un jour, peut-être, on a un choc plus révélateur, comme la maladie, ou la perte d'un être qu'on aime, ou encore une rencontre, et l'émotion s'éveille. On voit la lune, elle brille là-bas. On ne sait pas comment aller la chercher encore, mais on tresse déjà la corde dans sa tête.
Le temps désormais devient du
maintenant. Et malgré tout ce qu'on peut avoir accumulé de désespoir,
désillusion, méfiance, raideur, on tourne la page.
On va en écrire une plus belle, celle de l'acrobate.
On va oser, et continuer sur la
corde, malgré tous les remous qui la secouent.
Voilà, c'était ma minute
lyrique pour métaphoriser un peu ces combats qu'on porte malgré tout, cet
espoir-là qui nous porte malgré tout, et ce découragement parfois qui nous
saisit et nous asphyxie souvent.
un merveilleux exemple d'acrobates...
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