C’était
l’été.
Les
champs là-bas verdoyaient, une palette impressionnante de verts aux teintes
éclatantes qui donnaient presque l’illusion que le pré brillait plus que le
soleil. Et l’étang près de la maison avait les reflets changeants de la verdure
qui festoyait.
Les
vaches paissaient tout à côté, venant parfois, quand la chaleur était trop
lourde, se rafraîchir dans l’eau tranquille. Plus loin, j’entendais le
braiement de l’ânon qui n’aimait guère sa solitude et quelques poules en
liberté s’aventuraient au pâturage.
C’était
l’été dans la campagne, les animaux semblaient sereins, et moi j’allais sur les
chemins cueillir senteurs et paysages,
marchant allègrement et dans mes jambes et dans ma tête comme on rythme ses
pas, on rythme ses pensées.
C’était
l’été, je l’ai vue toute courbée qui glanait dans le pré. Elle était vieille,
ramassée sur elle-même. Elle portait une blouse grise et un chapeau de paille
comme à l’ancienne. Elle m’a souri, on a parlé de champignons, moi qui n’en
connais guère le secret. Et le soleil déjà sombrait, elle m’a laissée sur mon
sentier tout étourdie de souvenirs.
Elle
ressemblait à s’y méprendre à la grand-tante avec laquelle je ramassais noix,
noisettes, framboises, mûres, châtaignes, petits fagots de bois, et tant et
tant encore. Elle était comme une apparition, me redonnant quelques instants l'humeur de cette enfant qui gambadait tout en chantant.
C’était
l’été et se creusait dans mon cœur le sillon des sentiers du temps passé.

Comment fais-tu pour trouver les images qu'il faut, et je ne parle pas des photos... :)
RépondreSupprimerJ'aime cette rencontre. Réelle ou virtuelle, je ne sais pas. Mais c'est un moment formidable.
Passe une douce soirée. Je t'embrasse.
Du vécu.
RépondreSupprimerEt tous ces souvenirs qui jaillissent.
Cette vieille tante, je n'ai pas su l’apprécier, j'étais enfant, elle était déjà vieille, et seul mon père connaît et raconte cette bonté. Tout ça m'émeut vraiment.
Bonne soirée ma Quichott'.
Comme je te comprends !
RépondreSupprimerIl y a des êtres qui nous marquent sans qu'on en prenne conscience au moment où il le faudrait.
Bisous doux et belle soirée à toi.
ça marche ! Je suis donc venue partager la ballade rafraîchissante , regarder avec tendresse cette vieille paysanne au visage buriné par les années de plein air...elle est belle ! Chère polly , tu m'a transportée en un lieu de repos bien doux , je t'embrasse ainsi que La Douce ;-)
RépondreSupprimerSouvenirs, ma Blanche, et ces gens que l'on croise et qu'on ne regarde pas assez... ce jour-là, c'était différent.
SupprimerMa balade intérieure était tout aussi essentielle.
Jeanne, qu'elle s'appelait, ma grand-tante. Toujours vêtue de la même robe sombre, avec le tablier dessus, le chapeau de paille, le panier...
Bisous plein ma Blanche