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vendredi 17 août 2012

Coco et moi


C’est une vieille histoire entre Coco et moi. 

Une histoire que j’ai lue il y a longtemps et qui est restée fichée dans le cogneur. Celle d’un vieux cheval que sa proprio ne veut pas envoyer à l’abattoir, vous comprenez elle a eu de l’affection pour lui, ils sont très liés tous deux, bien qu’’elle ne s’en occupe pas, elle en charge le garçon de ferme, celui qui vient de l’orphelinat, un pas malin, au front bas et obtus qui comprend pas pourquoi il devrait travailler pour ce canasson en fin de vie. D’autant plus que les autres y s’moquent du petit gars qui rage. Alors il va torturer Coco.

Coco, c’est lui l’humain, c’est lui qui a peur, c’est lui qui tremble et qui finit mort de faim à cause de la méchanceté du petit gars vengeur.
Je parle de Coco, ce vieux cheval que Maupassant nous a donné pour nous montrer que l’âme n’appartient pas à ceux qu’on croit. Et moi j’ai galopé avec lui, j’ai tiré sur la corde pour éviter les coups de fouets sur les jarrets, les pierres coupantes qu’il envoyait, et tout et tout et tout.

Je ne vais pas vous refaire la nouvelle.
Mais je vais quand même la refaire côté Zidore. Zidore, c’est le petit gars méchant, celui qui fait crever Coco.
Il n’est pas méchant de naissance Zidore, l’était pas bien né, l’était laid, un niaiseux de première. Il travaillait pour le gîte et le couvert, sans doute, par vraie charité chrétienne des patrons. A lui tout seul il montre bien comment, si on est considéré comme objet soi-même, on ne peut pas arriver à concevoir un brin de compassion pour un objet qui nous semble inférieur. Surtout quand on a tout pouvoir sur lui. Personne ne contrôle s’il soigne bien Coco, finalement tout le monde s’en fout de Coco. Tout le monde est indifférent, sauf Zidore avec sa haine.

C’est la haine de soi, parce que c’est la haine de son propre corps, de sa propre vie qu’il abat là sous nos yeux. Cette cruauté s’active par le regard des autres, Zidore c’est un esclave de ferme, totalement sous contrôle lui-même, et personne n’a une quelconque sympathie pour cette brute épaisse.
Le trait est lourd, on n’est pas forcément brute épaisse, on n’est pas forcément niaiseux, on ne se sent pas forcément regardé comme objet et être quand même un tortionnaire, mais il faut bien avoir quelque chose de profondément cassé pour être capable de casser ce qui fait vie autour.

Alors je me dis qu’on est tous des fous en souffrance pour se comporter comme ça avec des gens qu’on croit inférieurs parce qu’ils n’ont pas la parole ou l’intelligence telle que sapiens la conçoit , on s’en sert comme des objets pour notre seul égoïsme, qu’on soit éleveur, mangeur de cadavres, chasseurs, expérimentateur, fourreur, torero, vendeurs d’enfants etc.

On a perdu quelque chose de précieux avec le développement cérébral, on a perdu son corps, cette viande sur un squelette, cette viande qui ne dure qu’un temps, mais qui pendant ce temps a son langage, sa sensibilité, ses émotions.
Tout ça on l’a perdu.

Et dans cette perte s’est installée la mort, Thanatos est tout puissant.



Coco: http://fr.wikisource.org/wiki/Contes_du_jour_et_de_la_nuit/Coco

3 commentaires:

  1. On l'a perdu, oui, mais crois-tu que nous pourrons le retrouver un jour ?

    La haine de soi... je réfléchis et soudain je ne sais pas quoi dire. Je voudrais trouver les mots qui sauveraient à la fois Coco et Zidore.

    Mais je ne les trouve pas.

    Douces soirées à venir, Polly. Je t'embrasse très fort.

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  2. Je crois qu'on peut se réconcilier avec son corps, mais cela reste un travail individuel parce qu'on n'éduque pas les enfants à le respecter, à le soigner, à l'aimer. Je pense tout particulièrement au sevrage précoce, aux demandes de propreté, de marche, de tenue (tout particulièrement à l'école primaire, où on le bride sans arrêt pour des petits de 6 à 9 ans, etc. On ne leur apprend pas à regarder le vivant autrement que par le prisme de la supériorité intellectuelle (pas d'animaux à l'école par exemple, peu de classe avec eux comme on fait des classes de mer)....
    On est devenu hors le monde du vivant avec 80% de population citadine, et depuis Descartes on pense l'homme en dehors de ce qu'il a d'animal,il lui faut s'élever par la tête, le mental, le cortex...
    Si on s'aimait vraiment (je dis "on" pour la majorité) penses-tu qu'il y aurait tant de cruauté de la part des humains?
    Le débat reste ouvert, je n'ai pas de réponse.

    Bisous plein à ma tendre Quichottine.












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  3. C'était là-bas... je le remets ici :


    "Quichottine Il y a 2 mois

    Je te reconnais bien là... et même si je ne me sens plus forcément la force de t'aider dans cette tâche, je me dis que tant qu'il y aura des humains pour empêcher les Zidore de faire du mal aux Coco, tout sera encore possible.

    ... Tout.

    Et c'est ce "tout"-là qui est important.

    Il y a 2 mois

    J'adore la fin de ton commentaire, zévé tenter de tardµy:reux. :)

    Par contre je ne comprends pas comment tu as vu mes vidéos absolument minables sur youtube, j'ai joint les deux, mais moi je ne vois pas où elles apparaissent! C'est pas terrible le nouveau serveur d'OB, pas pratique du tout et peu facile à utiliser.

    Bisous plein ma Quichott".

    Il y a 2 mois

    Je crois que j'ai compris, certains caractères chez OB sont transformés! Y-a des bugs pleins partout. Je te re-embrasse ma Quichottine.

    Il y a 2 mois

    Au niveau des commentaires, c'est horrible.
    Je n'aime pas du tout... mais il paraît que ça va s'arranger.
    Incroyable, mais vrai. La fin des commentaires est vraiment surprenante. :)
    Je t'embrasse très fort aussi."


    Avant qu'ils ne disparaissent à jamais. :)

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