C'était une histoire pour la petite fabrique.
- C’était hallucinant, que je te dis, tu connais pas ce
mot ?
- J’vois pas en quoi t’as halluciné sur ce canal. A moins
que tu n’aies bu quelques verres avant.
- C’est pas trois bières qui pouvaient me mettre dans cet
état. Tu comprends rien, mais regarde bien la photo, c’est même pas la barque
qui se reflète, même pas la façade ! Et moi j’en mène pas large, j’ai bien
enfoncé mon chapeau sur la tête.
- Ouais, je t’aurais pas reconnu si tu l’avais pas dit. Mais
alors c’est qui qu’a pris la photo ?
- C’est tout organisé ces trucs, ils te font payer une
fortune pour te balader sur l’eau et y-a le photographe qui te propose après
d’acheter sa photo où t’apparais.
- Ah ! Mais qu’est-ce qui t’a autant halluciné, dis
voir ?
- Le gars-là devant, il a conduit comme un malade, il
faisait le jeu du on va couler, il
s’approchait des murs et des autres bateaux, des plus gros qui font des
vagues ! Mal au cœur que j’avais ! Une sale impression que je volais.
- Ah ? C’est le mal de mer traditionnel, pas de quoi en
faire une histoire !
- Mazette! T’as rien
vu toi ! Un moment il a décollé et on a plongé !
- ?
- Il a mis le moteur
plein gaz et on a sauté pour entrer dans une sorte de tunnel. J’ai bien cru que
j’allais mourir !
- Et après ? Ce tunnel ?
- Une grotte en verre.
- Une fausse grotte alors ?
- Pas eu le temps de tout comprendre, on était arrivé, et
là, crois-moi ou pas, j’étais assis devant un verre et je voyais un autre
bateau passer sur le canal et je me disais qu’heureusement que j’y étais plus
et j’ai bu tout mon saoul comme ça faisait longtemps que j’avais pas bu !
- Nous y voilà ! En guise de grotte c’était ta glotte
qui te jouait des tours !
- De l’eau, j’ai bu de l’eau même si j’avais envie d’un
autre remontant, parce que tu vois, l’eau j’en avais ma dose, mais c’était pas
prévu l’alcool, pas même un petit vin frais pour tout digérer du voyage !
- Et toute cette eau t’a halluciné ?
- Te fous pas de moi ! J’en ai encore des vertiges la
nuit, j’ai l’impression que je m’envole, c’est pas demain que je retourne sur
l’eau, crois-moi. J’évite toute rive parce que dès que j’en vois je tangue.
Même la Jonche, ce ru minable me donne le tournis.
- Mon pauvre Marcel ! Je te plains, j’ai l’impression
que tu n’es jamais descendu de ta barque. Mais tu devrais tout de même arrêter
le biberon, ça me fout aussi le vertige de te voir tanguer sur le trottoir.
- Ah ! Tu vois ! Tu trouves que je tangue
maintenant ?
- Depuis si longtemps mon Marcel, depuis si longtemps !
avec toute ma tendresse pour ceux qui tanguent.
Tiens, j'ai déjà tangué un peu ailleurs !!!
RépondreSupprimerBonne journée bien posée, sur tes deux pieds !
merci Annick, toujours sur mes deux pieds, ça change de la tête à l'envers. :)
SupprimerBisous à toi.
Avec toute ma tendresse aussi, ma Polly.. :)
RépondreSupprimerJ'aime ces moments où l'écriture permet d'aller bien au-delà du rêve.
Que de douceur dans ce texte, sais-tu ? J'ai beaucoup aimé.
Pourtant, malgré la superbe image de Joëlle, je n'étais pas montée dans ce bateau.
Il faudra que je m'y attelle un jour.
Passe une belle journée. Je t'embrasse très fort.
Oui, monte donc, tu verras comme on peut vibrer sur un canal.
Supprimer:)
Bisous plein ma Quichott'
Moi j'embarque de suite !
RépondreSupprimerUn plaisir de te lire frangine :-)))
C'était ta photo, coquine! J'ai eu tant de mal à voir ce verre sur la table au premier plan!
SupprimerMais quand je n'ai plus tangué, alors là, je suis partie... sur le canal, voyons!
Bisouilles plein