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mardi 16 juillet 2013

On soulève du vent... lettre à M.

Hier au téléphone: on ne peut pas rassurer, on est si impuissant.

Alors écrire.
Conjurer le désespoir.: envie de mourir, disait-il...

"Envie de mourir.

Je comprends pour la connaître si bien cette envie,  comme des milliards de gens qui ont la même et la peur qui va avec, et qui nous retient la plupart du temps.

Elle m'a si fortement accompagnée après le décès de ma mère, pendant des mois,  parce que la solitude était immense, intense.
Elle me revient souvent.

Je pourrais te raconter l'histoire de Dany, une prof de bio qui soigne sa mère depuis 10 ans, ou celle de Mlle O. qui  a fait de même tout aussi longtemps,  ou parler des 6 mois de Claire aux côtés d'une maman peu aimante...

Ces accompagnements engendrent beaucoup de tristesse,  amertume, désespoir parfois de colère.


Te dire aussi que tu n'es pas seul, pas tout à fait.


Mais ça ne console en rien.


Tout est sombre,  sauf la douceur d'une fourrure, le chat tout contre soi.
Ou l'obscurité de la nuit,  caché sous le drap.


Observer la nature humaine dans ces conditions,  c'est désespérer un peu plus parce que les incompétences, la frivolité, les égoïsmes apparaissent démesurés,  rien d'autre n'est visible.


Et sa propre douleur de vivre prend toute la place. Personne ne peut la saisir complètement,  c'est ce que l'on croit.


Si on y réfléchit  cela peut devenir de l'égocentrisme. Nos émotions, nos impressions, nos valeurs comme seules vérités.


Je ne veux rien prouver parce que je n'ai rien à prouver, chacun vit avec lui même, c'est parfois terrifiant de ressentir cette solitude. Elle m'est devenue familière, on l'apprivoise un peu, pas toujours.


Je m'échappe en écoutant des gens de bonne volonté,  ceux qui me rassurent sur ma propre espèce, une façon comme une autre pour ne pas mourir trop vite."

et je laisse vagabonder mes sensations sur les beautés du monde.




1 commentaire:

  1. Je lis et je relis... et je n'ai toujours pas les mots qu'il faudrait, je crois.

    Il faut attendre qu'ils mûrissent.

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