Roizon, mes amours, c'est ma balade presque quotidienne.
De la tranquillité.
Les chemins grimpent à peine et la vue est splendide.
Kerny connaissait par cœur le parcours, il avait ses repères, les
endroits où il s’arrêtait pour humer quelque odeur connue de lui seul.
Depuis son départ, j'ai évité d'aller me promener là-bas.
Mais les filles sont arrivées, mes adorables adoptées, alors j'ai repris les vieilles habitudes.
La neige n’est jamais un obstacle, même dans les congères,
on s’enfonce mais on avance. Le seul inconvénient c’est la bise.
La bise, contrairement à ce qu’on pourrait penser n’est pas
la douce caresse du vent. C’est sûrement par ironie qu’on nomme ici le vent du
nord. Il glace et comme la nature des matheysins est tout sauf caressante, on
peut concevoir que... (mauvaise langue !). Quand les températures sont
basses, il vaut mieux qu’elle ne soit pas de la promenade.
Il m’est arrivé de devenir glaçon sous la violence de ce nordet.
La forêt de Roizon est à Nantes.
Nantes en Rattier.
Rattier signifie pierrier. Mais c’est peut-être encore de
l’ironie, un jeu de dessous les pierres, niches à rongeurs. Il faudrait que je
retrouve l’ouvrage de toponymie du coin, mais il est encore dans un carton, et
je ne saurais dire lequel, des cartons de livres ici, il en traîne quelques
dizaines.
Roizon, c’est aussi une forêt d’épicéas, de pins et de
quelques mélèzes. Quand on emprunte son petit sentier, en été, il sent la
Provence. Avec Nina et Gaïa, j'emprunte souvent les divers petits sentiers de la forêt, elle est sur une pente plein sud et elle descend vers un
ruisseau : la Roizonne, ou elle monte jusqu’au col de Malissol.
Roizon et mes amours.
Mes amours, c’est mes compagnes à deux pattes qui adorent ce lieu,
c’était Kerny il n'y a pas si longtemps.
Roizon, c’est le chemin pour se mettre au soleil ou à
l’ombre quand il fait trop chaud, et c’est un repos dans l’herbe douce, au milieu
des fleurs, selon la saison. En ce moment, impossible de se coucher dans
l’herbe... bientôt, déjà les jours s'allongent.
Parce que lorsqu'il fait beau, ce sont plusieurs petites niches qui nous
accueillent sous les pins.
Je lis.
Le livre est un ami de plus, un intime qui envahit le
silence et la beauté du site.

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